MOTTE CASTRALE DE MONCASSIN 



RAPPORT DE SONDAGE 


    La motte castrale de Moncassin (n° de site : 32/263/001 ; coordonnées Lambert III : x = 449,400 ; y = 3129,825) est située à l’extrémité occidentale d’un promontoire (altitude : 220 m) dominant la vallée de la Petite-Baïse. Elle est connue sous le nom de Moutasse ou de Castéra (1). Le château de Moncassin est implicitement cité à partir du milieu du XIIe siècle dans le cartulaire de l’abbaye cistercienne de Berdoues (2) et un bayle comtal y réside dès cette époque (3). Au siècle suivant, il devient le siège d’une des quatre châtellenies du comté d’Astarac (4). 
Élevée avec la terre provenant du vaste fossé creusé à l’est pour l’isoler du reste du promontoire, la motte est de forme cylindro-conique (diamètre de base : 55 m) et haute de 10,50 m. Elle comporte à son sommet une plate-forme légèrement ovale (diamètre maximal : 17,20 m ; diamètre minimal : 14,50 m). 
J. Cénac-Moncaut, signalant cette motte dans son livre "Voyage archéologique et historique dans les anciens comtés d’Astarac et de Comminges", note en 1856 que les substructions d’une grosse tour carrée aux murs de briques épais de 1 m y étaient encore visibles. Il indique de plus que cette tour avait encore trois à quatre mètres de hauteur une trentaine d’années auparavant. 
En contre-bas de la motte avaient été aménagées deux terrasses successives, de forme annulaire, qui servaient peut-être de basse-cour. Il n’en subsiste qu’une seule, la plus proche de la motte. 
Un bourg subordonné avait été mis en place de part et d’autre du tronçon de route rectiligne qui emprunte la crête de l’éperon, entre le fossé isolant la motte et l’église paroissiale (cf. fig. 1). 
Effectué sur la plate-forme sommitale de la motte en 1984, un sondage (5) a permis de retrouver les fondations – en blocs de molasse liés par du mortier (cf. fig. 3) – de murs qui pourraient appartenir à la tour mentionnée en 1856. Des traces encore bien nettes d’arrachement montrent en effet que ces fondations portaient des murs en briques. Il est possible que ces matériaux aient été récupérés afin d’être employés pour la reconstruction partielle de l’église paroissiale à la fin du siècle dernier. De nombreux morceaux de briques et de carreaux avec tenon (épaisseur : 3,5 cm environ) (cf. fig. 4) ont de plus été trouvés dans les terres au niveau des fondations. 
Les trouvailles mobilières – peu abondantes – consistent uniquement en fragments de poteries (XIe – XIVe siècles) et en vestiges fauniques. Leur étude reste à faire. 
Il ressort essentiellement du sondage que les niveaux archéologiques ont été sérieusement perturbés par les travaux d’extraction et de récupération de matériaux. Pour cette raison, il ne nous paraît pas souhaitable d’entreprendre des fouilles d’envergure sur cette motte qui fut pourtant le socle d’une des principales forteresses des comtes d’Astarac. 
Les recherches effectuées sur ce site comme sur celui de Plavès montrent que les mottes susceptibles de livrer des informations précises sont peu nombreuses dans notre région. Il nous paraît donc souhaitable de multiplier les sondages pour récolter des éléments d’information valables sur les structures que portaient ces ouvrages en terre et sur leur datation.